L’association de plantes de l’été :

le trio gagnant cive – fraisier – agastache

 

 

S’il ne fallait retenir qu’une seule astuce des permaculteurs chevronnés, ce serait bien celle des associations de plantes : car c’est bien connu, nos plantes poussent mieux ensemble ! [1]

Et à l’heure de prélever les nouveaux plants de fraisiers issus des stolons pour les replanter, je vous dit tout sur ses deux voisines préférées : la cive et l’agastache.

 

Les premières fraises de la saison

 

La cive : la grande cousine oubliée de la ciboulette

 

Cultivée en Chine depuis des millénaires, la cive (également connue sous les noms de ciboule, cèbe, cébette ou oignon d’hiver) est une plante aromatique herbacée se développant en touffes.

Elle est bien plus grande que sa cousine la ciboulette, a besoin de moins de chaleur et pousse plus rapidement [2].

Comme toutes les alliacées, la cive est une plante protectrice qui soigne naturellement le jardin et prévient les maladies (si vos rosiers sont sensibles aux attaques de rouille, la cive pourrait bien être le défenseur qu’il vous manquait).

Elle demande relativement peu d’entretien et est particulièrement résistante aux insectes : une plante très facile à vivre, en somme !

 

La cive, véritable ciboulette géante

 

Vous pouvez la cultiver de deux façons : soit en tant que plante vivace (à la manière de la ciboulette, elle reste en place plusieurs années), soit en tant que plante annuelle (auquel cas, vous récoltez toute la tige et l’utilisez pour remplacer vos oignons ou vos échalotes).

Dans les deux cas, sachez que les graines de cive sont longues à germer et qu’il faudra maintenir un bon taux d’humidité jusqu’à la levée.

Il est possible de démarrer les semis en godets dès le mois de mars, mais à l’extérieur il vaut mieux attendre le mois de juillet (surtout si vous comptez les placer à côté de vos nouveaux fraisiers, qui s’installent justement à ce moment-là).

Au bout de trois à cinq mois, vous pourrez commencer à récolter les jeunes tiges en les coupant à ras, au fur et à mesure de vos besoins. À consommer fraîchement coupée !

 

L’agastache, épis d’abondance ornemental, aromatique et médicinal

 

Pouvant atteindre jusqu’à 1m20 de hauteur, l’agastache est une plante vivace et buissonnante qui produit des fleurs violettes magnifiques.

Elle a toute sa place en cuisine : ses feuilles et ses fleurs au parfum légèrement anisé viennent décorer et assaisonner vos salades ou vos glaces en été.

Mais historiquement, l’agastache est surtout une plante phare de la médecine traditionnelle chinoise, utilisée pour ses propriétés anti-inflammatoires, expectorantes et digestives.

Petite astuce personnelle : l’agastache fait des merveilles en cas de piqûres d’insectes ! Appliquez simplement quelques feuilles froissées pour apaiser radicalement les démangeaisons.

Son usage a malheureusement disparu en Europe (en dehors des laboratoires pharmaceutiques tout du moins). Pour bénéficier de ses bienfaits, il faudra donc la cultiver chez vous, car impossible d’en trouver en herboristerie.

 

L’agastache a des fleurs en épis

 

Si elle s’adapte globalement à toutes les conditions en dehors du froid, elle préférera tout de même un sol léger et bien drainé, voire pauvre, ainsi qu’une place au soleil.

Le principal avantage de l’agastache au jardin réside bien sûr dans sa floraison : très mellifère, elle régale les butineurs de juin jusqu’aux premières gelées ce qui en fait un atout indéniable pour booster la fructification de toutes les plantes alentour.

En extérieur, vous pouvez la semer d’avril à septembre. Dans les régions les plus douces, elle peut rester implantée pendant quatre à cinq ans et se semer d’elle-même à divers recoins du jardin. En revanche, si les hivers sont plutôt rudes chez vous, il vous faudra récolter des graines en août et septembre pour vos semis de printemps.

Fraisier, cive et agastache : les 4 points forts de cette association

Peu gourmandes, mellifères et protectrices, la cive et l’agastache s’entendent à merveille avec un certain nombre de fruits et légumes du potager.

C’est d’autant plus vrai pour le fraisier qui, comme elles, a une préférence pour les sols légers et profonds.

Plantés côte à côte, la cive protègera vos fraisiers des maladies cryptogamiques comme la rouille, le mildiou ou encore la pourriture grise (botrytis cinerea), tandis que l’agastache attirera les pollinisateurs dont vous avez besoin pour avoir des fraises savoureuses jusqu’en octobre.

Pour réussir cette association, je vous conseille de placer vos fraisiers au sud afin qu’ils puissent bénéficier d’un ensoleillement maximal. Vous pouvez les planter à partir de mars ou tenter cette association avec les nouveaux stolons arrivés au mois de juin et de juillet.

Placez ensuite les agastaches et les cives à leurs côtés à partir du mois de juillet. Il suffira de veiller à ce qu’elles ne fassent pas de l’ombre aux fraisiers et le tour sera joué !

Je parie que vous verrez très vite la différence :

  • Vos récoltes en fraises vont être boostées.
  • Vos fraisiers seront moins sensibles aux maladies.
  • Papillons, abeilles, bourdons… Votre potager sera très fréquenté !
  • Et au final, vos fraisiers ne seront pas les seuls à profiter de la présence de ces deux plantes auxiliaires : tout votre jardin sera plus résistant et vos récoltes plus abondantes !

 

Alors faites le test dans votre jardin et n’hésitez pas à me communiquer vos résultats sur cette association végétale inédite !

 

Il est temps de prendre soin de vous,

 

Florence

Saine Abondance

 

PS : D’ailleurs, si vous l’aviez manqué, sachez que j’ai également publié il y a quelque temps un article sur une autre association de plantes à tester chez soi : le trio endives, courgettes et tournesols !

 

Sources :

[1] « Les bonnes associations de plantes, fleurs et légumes au potager », Youtube, Les Artisans du Végétal, 6 avril 2018.

[2] « Ciboule, ciboulette : deux plantes vivaces aromatiques », Rustica, 16 juillet 2021.

Photos : Shutterstock.com

 

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