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Comment connaître et fertiliser votre sol naturellement ?

Comment connaître et fertiliser votre sol naturellement ?
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3 techniques gratuites pour connaître votre type de sol

1. La technique rapide du boudin

Cette technique est de loin la plus simple. En revanche, elle est moins exacte.

Il vous faut prélever un peu de terre en profondeur (10 à 15 cm en dessous de la surface du sol) puis retirez les grosses pierres ou les gros blocs de terre.

Ajoutez de l’eau à la terre pour réaliser un boudin de 5 mm de diamètre et de 10 cm de long.

Résultats :

  • Si vous n’arrivez pas à faire de boudin, votre terre est sableuse.
  • Si vous obtenez une boule légère et collante, votre sol est calcaire.
  • Prenez votre boudin et tenez-le par une extrémité. Si le boudin se tient, alors votre terre est argileuse.
  • Si votre boudin ne se tient pas et casse, alors votre terre est limoneuse.

2. La technique précise de la bouteille

Cette technique est simple et demande un petit calcul. Ce qui vous donne un résultat précis.

  1. Il vous faut prélever de la terre de 10 à 15 cm en dessous de la surface du sol.
  2. Puis, remplissez à moitié une bouteille avec cette terre.
  3. Ajoutez de l’eau et secouez énergiquement quelques minutes.
  4. Secouez de nouveau si de gros blocs de terre non dissous persistent. Après une heure, on peut apercevoir la sédimentation des cailloux et gros sables qui restent au fond de la bouteille.

Le lendemain, grâce au schéma ci-dessous vous pourrez découvrir quel type de terre vous avez.

Comment ?

Mesurez à l’aide d’une règle :

  • La hauteur du dépôt total
  • La hauteur de chaque strate : gros dépôt et sable au fond de la bouteille ; très fin dépôt au-dessus non dissociable à l’oeil nu (limon) ; couche plus compacte et dense ayant une couleur différente (argile).

En appliquant la règle de 3 : (hauteur de la strate/hauteur totale du dépôt) x100, vous obtiendrez alors le pourcentage de chaque strate.

Vous pourrez alors vous référer au triangle des textures pour connaître la composition exacte de votre sol

Voici la méthode du calcul :

Votre sol peut être sableux, limoneux ou argileux. La plupart du temps il s’agit d’un mixte et le schéma ci-dessus vous aide à connaître vos nuances.

Il vous faut donc mesurer la hauteur de chaque strate de votre bouteille (en partant du fond de la bouteille vers le haut : argile, sable, limon) puis appliquer le calcul suivant : (Hauteur de la strate/hauteur totale du dépôt) x 100

Puis, avec votre chiffre calculé pour chaque strate, vous pouvez vous reporter au schéma du triangle.

Le point d’intersection des 3 pourcentages de vos strates vous indique votre type de sol.

Au niveau de la surface dans la partie supérieure de la bouteille, vous trouverez des débris végétaux, matières organiques qui indiqueront les réserves en nutriments de votre terre. Plus l’eau est trouble, et plus la réserve est importante ; ce qui est très bien !

3. La technique des plantes bio indicatrices

Cette fois-ci, il s’agit d’observer ce qui pousse à vos pieds, on appelle cela le recours aux plantes bio indicatrices !

Aucune plante ne pousse au hasard, et elles ont toutes quelque chose à vous dire sur l’état de votre sol. En effet, selon les plantes qui y poussent vous pourrez savoir si votre sol est trop compact, s’il regorge d’eau, s’il est au contraire asphyxié, s’il est trop riche ou encore trop pauvre en humus.

Si vous avez observé qu’une plante sauvage prend régulièrement le pas sur le reste, c’est qu’elle est en train de faire son travail. Par exemple, les ronces sont parmi les premières plantes à pousser sur un sol en cours de construction, car elles permettent d’installer le processus de vie. En effet, les graines ou les fientes des oiseaux qui tombent à travers les ronces sont difficiles d’accès pour les ravageurs comme les souris ou les oiseaux. Les graines peuvent donc pousser sans trop de danger et donner naissance à la première végétation du lieu.

La science de l’interprétation des plantes bio indicatrices est assez complexe, car il faut recouper plusieurs plantes et analyser leur taux de présence.

Pour être considérée comme indicatrice, une plante doit être présente en nombre suffisant (5 à 10 pieds par mètre carré). Elle doit être dominante par rapport aux autres espèces présentes.

Il y existe trois types de plantes :

  • Celles qui indiquent un excès
  • Celles qui indiquent une carence
  • Celles qui servent d’indicateur de la vie microbienne du sol

Savoir interpréter la présence de ces plantes vous donne des indications précieuses sur le sol, comme par exemple connaître :

  • Sa structure (compact, aéré…)
  • Sa texture (granulométrie des particules réparties en trois catégories : argile, limon et sable)
  • Son pH
  • Les pratiques humaines présentes ou passées (ex : sol labouré, piétiné etc…)
  • L’activité des micro-organismes (bactéries, champignons), qui rendent assimilables les éléments du sol par les plantes

À ce jour, environ 150 plantes ont été étudiées sérieusement.

Pour exemple :

Que faire en fonction de votre sol ?

Chaque texture de sol a ses avantages et ses inconvénients.

Les plantes qui réussissent à se développer sur votre sol sont celles qui sont adaptées à votre type de sol. Plantées dans une autre nature de sol, elles se révèlent inadaptées, poussent mal et, au pire, dépérissent.

Bon à savoir :

Le sol idéal se compose de 65 % de sable, 30 % d’éléments fins (argile, limon) et 5 % d’humus avec un pH autour de 7.

Sachez qu’on ne peut pas modifier radicalement une terre de jardin. Ne cherchez pas à faire pousser des plantes qui demandent des conditions trop différentes. Il faut toujours choisir des plantes en fonction de la terre dans laquelle elles seront installées.

Enfin, il existe différentes plantes de la même espèce végétale selon les sols ! Certaines s’adaptant aux sols acides, d’autres aux sols calcaires. Par exemple, la bruyère est une plante de sols acides par définition, mais il existe des variétés cousines qui sont tolérantes aux sols calcaires.

2 solutions pour fertiliser votre sol

Alors voilà la solution quand votre sol est ingrat : créez votre propre sol. Cela signifie que l’on va rapidement ajouter une couche de fertilité par-dessus le sol existant. Les êtres vivants du sol vous aideront à mélanger les deux pour en faire un unique sol, fertile.

Deux solutions s’offrent à vous, et vous l’aurez compris :

  • L’option la plus rapide est la plus onéreuse.
  • L’option la plus lente est la moins onéreuse.

L’option rapide :

L’astuce consiste à acheter de grosses quantités de matières organiques (par remorque !).

Où ça ?

Par exemple auprès de collectivités, déchetteries, scieries, entreprises d’espaces verts, agriculteurs, coopératives agricoles de votre zone d’habitation.

Au jardin, je récupère des bottes de paille endommagées par l’humidité à une coopérative agricole. Cette situation arrange tout le monde car les bottes humides ne peuvent plus nourrir le bétail !

Le sol du jardin, très sableux et peu fertile à la base, a été radicalement modifié en quelques années, grâce à l’apport de Bois Raméal Fragmenté, feuilles mortes et paille.

Il ne faut pas avoir peur d’appeler beaucoup de monde pour trouver la meilleure solution. Si vous pouvez récupérer du fumier (peu importe l’animal), c’est vraiment le top.

Une fois que vous avez trouvé votre fournisseur, que faire ?

Nous vous recommandons de dispenser ces matières organiques directement sur votre sol, à hauteur de 5 kg minimum de matière organique par m², sachant que vous pouvez aller jusqu’à 30 kg donc 3 tonnes pour 100 m². Si vous décidez d’opter pour les 30 kg, il faudra mettre en partie du fumier les premières années, qui active la vie du sol beaucoup plus rapidement. Sinon votre sol risque de mettre du temps à digérer cette quantité !

On recommande sur les sols ingrats de faire ces ajouts de matières organiques pendant 3-5 ans.

Combien ça coute ?

Tout dépend de votre région et de votre territoire. Si vous vous trouvez en Beauce par exemple, où beaucoup de céréales sont cultivées, vous devriez trouver de la paille pour très peu cher. Généralement, pour faire venir un camion de matière organique chez vous, il faut compter entre 100 et 1 000 €.

Tout dépend de la matière organique, la distance pour la livraison, les entreprises qui réalisent la prestation, la dose contenue dans le camion… Au-delà de 80 € la tonne, c’est cher. Certains maraîchers arrivent à obtenir du bois broyé pour 2 à 5 € la tonne en achetant en grande quantité.

Bon à savoir :

Si jamais la seule ressource que vous trouveriez est du compost bien décomposée, sachez que ce dernier est très bon pour améliorer votre sol, mais qu’il ne permet pas à la vie du sol de se développer correctement. Il faudra donc ajouter de la matière organique fraîche qui servira de nourriture aux êtres vivants du sol. La décomposition se faisant sur place, elle permettra aux habitants du sol de se multiplier.

L’option gratuite :

Si vous ne souhaitez pas importer de matière organique venue de l’extérieur, il faudra faire avec ce que vous avez sur place. En transférant de la fertilité constamment, en prenant la matière organique que produit votre terrain (tonte, taille des arbres/arbustes, feuilles mortes) pour la ramener au potager, vous rendrez fertile votre terrain. Mais cela prendra plusieurs années (entre 10-15 ans selon l’état du sol…) pour atteindre un sol de rêve !

Cela dit ne vous inquiétez pas, il est possible en attendant de cultiver et vous aurez d’ailleurs rapidement des résultats ! Vous récolterez des légumes, mais ces derniers auront des besoins accrus en arrosage et en fertilisation. C’est aussi d’un côté une chance de commencer sur ce type de sol, car vous pouvez voir d’année en année la fertilité augmenter et vos récoltes s’améliorer… Tout ceci est très stimulant car on voit bien que l’on n’a pas travaillé pour rien !

Une astuce inspirée des pratiques de céréaliers professionnels confrontés aux sols ingrats :

L’astuce consiste à faire un jardin plus grand et d’introduire systématiquement sur les zones de cultures, chaque année, des couverts végétaux (des céréales par exemple avec des mélanges de légumineuses).

C’est la technique utilisée en grande culture céréalière. Les professionnels aux surfaces énormes ne peuvent effectivement pas adopter l’option 1 vue précédemment (imaginez-vous épandre 300 tonnes de matière par hectare sur une exploitation agricole de 100 hectares…). Alors, ils décident de « sacrifier » une partie de leur emplacement, quelques mois dans l’année, pour cultiver des plantes qu’ils vont « offrir » au sol, en guise de nourriture.

C’est ce qu’on appelle la technique du couvert végétal. Plus ils faucheront tard leur couvert végétal, plus ils nourriront leur sol (en vieillissant, les plantes se concentrent davantage en carbone, qui est le carburant du sol).

Cela demande de l’organisation, de la réflexion, mais c’est tout à fait faisable même dans vos jardins. On peut par exemple semer à l’automne un mélange de céréales (seigle, avoine, …) et de vesce d’hiver que l’on fauchera au printemps.

La technique : « je transfère la matière organique de mon jardin d’un point A à un point B »

Vous pouvez tout à fait transférer la production de matière organique d’une zone ornementale de votre jardin pour nourrir la zone productive de votre terrain : le potager.

La technique de la bâche comme « couvert végétal » :

Une autre technique consiste à cultiver des couverts végétaux sur une surface de votre terrain qui est en prairie pour amener la biomasse produite au potager.

Par exemple, on bâche 100 m² de prairie pendant l’été ou au printemps, et au printemps suivant on retire la bâche et on vient semer du maïs (champion de la production de biomasse) sur cette surface. On en prend soin : arrosage et fertilisation au purin. Lors de la récolte on fauche le maïs et on le ramène au potager. On n’oublie pas de rebâcher un autre endroit directement après le débâchage pour recommencer l’année d’après. Et ainsi de suite.

L’astuce des plantes championnes de biomasse :

Enfin, il est également possible (et recommandé !) de planter au jardin des plantes capables de produire de la biomasse en grande quantité. Notre préférée à ce jeu-là, c’est la consoude ! Elle peut atteindre jusqu’à 1,5 m, et peut être fauchée jusqu’à 4 fois par an. Si vous en installez suffisamment, les plants de consoude vous procureront une production supplémentaire de matière organique, et cela, à deux pas de vos zones de cultures !

N’ayez pas peur de voir grand si vous avez la place. 1 à 2 pieds de consoude pour chaque mètre carré de potager n’est pas de trop ! La variété la plus productive est la consoude bocking 14, mais une variété classique peut faire l’affaire.

La bocking 14 est intéressante car elle ne se multiplie pas par graine : elle n’est donc pas envahissante. Evidemment, on évite la consoude naine utilisée comme couvre-sol… Par ailleurs, la consoude se multiplie très facilement en plantant des éclats de racines. A partir d’un pied assez développé, on peut faire jusque 40 plants. Sinon, la plante Miscanthus Giganteus est aussi un maître dans l’art de produire du paillage !

Notions importantes pour fertiliser naturellement votre sol dans tous les cas

« Engrais verts » et « couverts végétaux » : différence et mode d’emploi

Pour vous aider à mieux comprendre comment nourrir votre sol, voilà deux éléments de définition qui vous permettront de faire la distinction entre les engrais verts et les couverts végétaux : ce sont souvent les mêmes plantes, mais fauchées à un stade différent ! Les deux ont la même fonction, mais des effets différents. Ce sont des cultures qui ont pour but d’enrichir, améliorer le sol et nourrir la faune du sol ainsi que les cultures qui suivront.

Les engrais verts

On parle d’engrais verts lorsque l’on fauche la culture assez tôt, lorsque les plantes sont encore bien vertes et ont parfois commencé leur floraison, mais pas la mise à graine. Les plantes sont alors gorgées en azote et autres minéraux qui se libèreront rapidement dans le sol pour nourrir la culture d’après.

A titre d’exemple, on pourrait citer une culture de moutarde mise en place en mars, que l’on fauche fin mai avant d’installer des pommes de terre de saison.

Cela permettra de couvrir le sol, de le nourrir, d’y maintenir une activité biologique soutenue et, in fine, de nourrir vos pommes de terre !

Les couverts végétaux

On parle de couvert végétal quand l’effet recherché et vraiment la nutrition du sol. Cela ne signifie pas qu’un engrais vert ne nourrit pas le sol, mais seulement dans de moindres mesures. Cela ne signifie pas non plus que les couverts végétaux ne nourriront pas vos plantes ! Ils permettront à l’activité biologique de se nourrir et de nourrir vos plantes. Ils contiennent également des minéraux précieux pour vos légumes. Le couvert végétal va souvent être laissé en place jusqu’à la fin de son

12 plantes utiles pour nourrir le sol

Voici un tableau décrivant quelques plantes utiles pour nourrir le sol. Bien sûr, il en existe d’autres comme le radis fourrager, le sainfoin, le lupin, etc.

Utilisez-les en abondance, c’est bon pour votre sol ! Les vivaces sont généralement laissées 1, 2 voire 3 ans sur la même zone avant d’être détruites par occultation avec une bâche tissée.

Les zones vertes correspondent aux dates auxquelles vous pouvez semer :

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Prenez soin de vous,

Florence

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