5 plantes farceuses qui bernent les insectes !

Pour se reproduire malgré leur immobilité, les fleurs ont développé des stratagèmes bien rodés :

  • certaines (les autogames), peuvent s’autoféconder, car elles présentent les organes des deux sexes ;
  • tandis que d’autres (les allogames), au contraire, comptent sur des tiers pour rencontrer l’âme sœur… Mais encore faut-il attirer ces entremetteurs !

Alors, pour s’attirer les faveurs des pollinisateurs alentours, les plantes redoublent d’inventivité et d’ingéniosité, quitte à faire parfois de (plus ou moins) drôles de farces à nos amis pollinisateurs…

Leurs stratagèmes sont particulièrement originaux – bien que parfois un peu perfides : les plus manipulatrices d’entre elles vont jusqu’à séquestrer ces malheureux insectes !

Aujourd’hui, je vous propose un petit tour d’horizon de 5 plantes un peu farceuses qui bernent tous les insectes (ou presque).

1. Une orchidée un peu marteau…

En Australie du Sud, les orchidées sont particulièrement isolées, si bien qu’elles ont développé des stratagèmes on ne peut plus originaux pour maintenir leur présence sur le territoire…

Certaines, comme l’orchidée marteau, se sont même spécialisées dans les manèges à bascules et à ressorts !

Vous pouvez la voir à l’œuvre dans cet extrait vidéo :

Avec sa belle floraison, cette orchidée attire tous les guêpes mâles alentours. Ceux-ci, la confondant avec une femelle, se posent alors sur son labelle articulé et en déclenchent le mécanisme : la fleur les assomme en les écrasant littéralement contre son cœur, dans une sorte d’accolade un peu violente ! Les guêpes en ressortent toutes barbouillées de pollen (et sans doute un peu sonnées).

2. Celle qui se déguise en Dark Vador !

D’une obscure rareté, l’Aristoloche du Salvador ne se déniche que dans les plus grands jardins botaniques de la planète (pensez-y si vous êtes de passage à Lyon ou Kyoto !).

Originaire du Brésil, elle a adopté une stratégie de reproduction un peu particulière… 

Outre sa ressemblance avec le célèbre disciple du côté sombre de la force, cette fleur dégage une odeur fétide de viande avariée censée attirer les pollinisateurs…

Aristoloche du Salvador

En prime, la transparence de sa membrane florale berne les pollinisateurs, qui la confondent avec une fenêtre et volent alors jusqu’à elle… pour finalement se retrouver pris au piège entre ses petits poils collants.

Cherchant à s’en échapper, le visiteur malchanceux se roule dans le pollen pendant quelques heures, avant d’être finalement relâché, pour poursuivre son aventure pollinisatrice.

Un piège digne des plus grands vilains du cinéma, vous ne trouvez pas ?

3. L’abeille trompeuse

La palme d’or de la mascarade revient sans doute à celle qui, en plus de se déguiser en abeille femelle, en reproduit l’odeur…C’est le cas de l’Ophrys abeille (Ophrys apifera), une orchidée européenne protégée en Bretagne, en Picardie, dans le Limousin et en Auvergne, qui pousse un peu partout (on en trouve même en Ile-de-France, semble-t-il).

l’Ophrys

En son cœur, elle prend l’apparence d’une belle abeille, pour mieux tromper ces Messieurs.

Et pour mettre toutes les chances de son côté, l’Ophrys va jusqu’à imiter leur odeur : les mâles sont bien nombreux à tomber dans le piège ! 

Tandis qu’ils pensent avoir trouvé l’âme sœur, l’Ophrys, elle, en profite pour les barbouiller de pollen…

Et si le stratagème échoue, tant pis : au pire… elle pourra toujours s’autoféconder !

4. L’histoire du bousier qui se fait rouler !

La plante Ceratocaryum argenteum, originaire d’Afrique (et qui n’est pas sans rappeler l’ajonc de nos contrées) produit des graines… avec une forme et une odeur de crottes d’Antilope, dont raffolent les bousiers (vous savez, ces petits scarabées coprophages) !

Bousier pilulier

Simple fantaisie un peu douteuse ? 

Pas du tout : c’est là un énième stratagème de reproduction bien rodé !

Leurré par l’apparence de ces graines, le bousier s’acharne à rouler ce qu’il pense être LA crotte parfaite. 

Une fois arrivé à destination, il l’enterre soigneusement, mais l’illusion ne perdurera pas : il s’apercevra bien vite qu’il s’est fait rouler et qu’il ne pourra rien tirer de son butin… bien trop dur pour être mangé !

Une stratégie bien rodée et efficace qui permet à Ceratocaryum argenteum de disperser ET d’enterrer ses graines, sans même avoir à lever le petit doigt !

Des scientifiques sont parvenus à documenter cette combine, voyez plutôt en vidéo :

5. Cette beauté de nos forêts séquestre les insectes…

Vous avez sans doute déjà croisé cette plante de nos régions lors d’une balade en forêt :

Arum tacheté

C’est l’arum : avec sa feuille enroulée autour d’elle comme une cape, elle est aisément reconnaissable et rappelle les plantes tropicales (surtout lorsqu’elle revêt une robe rouge vif).

Malgré sa beauté, difficile de faire abstraction de son odeur fort peu plaisante, dont les insectes semblent cependant raffoler (elle leur rappellerait leur lieu de nidification) !

Encore plus fou : l’arum est carrément équipé d’une sorte de mini-thermostat, pour répandre d’autant plus son odeur ! Selon les besoins, la plante diminue ou augmente sa température, qui peut atteindre jusqu’à 40°C.

Attirés par cette combinaison d’odeur et de chaleur, les insectes se posent sur la plante, puis passent une nuit entière séquestrés au cœur de la fleur !

Et ils se font berner jusqu’au bout, car, pour couronner le tout, l’arum ne leur offre aucun nectar en retour…

Les malheureux hôtes ne seront libérés qu’au matin suivant, lorsque les poils de la fleur se flétriront pour les laisser reprendre leur chemin vers d’autres plantes…

Sources

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