La philosophie

L’erreur de la vision bisounours

A mes débuts du jardinage naturel, j’étais en fait très naïve.

Il y a quelques années, je ne vous aurais jamais dit de bâcher votre terrain si vous aviez trop de mauvaises herbes.

Puisque la nature s’auto-régule toujours, je pensais qu’il y avait un « laisser-faire naturel » dogmatique à suivre.

Trouver l’harmonie entre le temps des cycles naturels et le temps humain

Je savais que ces mauvaises herbes finiraient par disparaitre.

Mais elles disparaitront quand je ne serai peut-être même plus là pour l’attester.

Le règne végétal a sa propre temporalité, qui est bien plus longue que la nôtre.

Or si nous jardinons, c’est à la fois pour le plaisir de l’acte, mais aussi pour la jouissance de ses fruits.

Productivité : ceci n’est pas un gros mot

Nous voulons tous des résultats immédiats.

Des récoltes assurées. Quasi automatiques : on plante, on récolte. Avec le moins de maladies possible.

Et des récoltes avec le moindre effort en plus : pourquoi se courber l’échine quand il existe des astuces pour ne plus se baisser ?

Ce que nous souhaitons n’est pas une vision capitaliste de la nature.

La nature est au contraire le meilleur modèle de productivité qui soit.

De rendements.

D’adaptations et d’efficacité.

Les plantes sont les superstars de la rentabilité : avec le minimum de ressources, elles produisent un maximum d’énergie et de nutriments. Elles réussissent même à pousser à même la roche ou dans les déserts.

La nature est un modèle permanent de la meilleure R&D qui existe au monde.

J’ai changé de paradigme en observant la nature

En observant sans jugement de valeur la nature, j’ai compris que rien n’était bon ou mauvais en soi.

C’est plutôt un excès ou un manque de présence qui crée un déséquilibre.

Or la nature cherche toujours à rétablir un état d’équilibre dans cette permanente impermanence naturelle.

A quoi sert cet équilibre ?

A s’assurer que le groupe survit, et non pas l’individu.

Le lion n’est pas méchant en dévorant la gazelle.

Il répond à son instinct dans le but de survivre et de procréer. Il prélève sa part. Uniquement.

Et il a sa place dans un Tout complexe et auto-orchestré, pour autant que l’homme n’a pas créé de perturbations dans son écosystème.

Collaboration et compétition ne sont pas antinomiques

La logique du vivant m’est donc apparue telle quelle : s’assurer la survie de l’espèce, et non pas des individus.

J’ai par exemple pris conscience que la compétition et la collaboration étaient donc reliées.

Prenons par exemple le cas « de la compétition des plantes entre elles » dont on me parle souvent.

En permaculture, on recommande de planter les légumes par groupes pour créer des combinaisons vertueuses de plantes.

Parfois, certaines personnes sont interloquées car elles croient que la « compétition » qui s’instaure alors sous terre entre les racines de ces plantes est « mauvaise ».

Les plantes font les meilleurs choix possibles

Les choses sont plus complexes, et il s’agit plus souvent d’une émulation que d’une compétition.

Parfois une graine poussera. Parfois pas.

Mais elle sera encore « vivante » sous le sol, et prête à se développer dès lors que les conditions le lui permettront une prochaine fois.

On appelle cela le concept des « graines en état de dormance ».

Ma vision des choses a donc énormément évolué, et désormais je m’attache :

  • À jardiner 100 % naturellement
  • Sans faire d’anthropomorphisme
  • À continuer d’apprendre, encore et toujours.

Et vous, quelles « erreurs » ont fait évoluer votre vision des choses sur la nature et votre jardin ?

Il est temps de prendre soin de vous,
Florence

VOUS POURRIEZ AUSSI AIMER

2 Commentaires

  • Reply
    De Jonghe
    29 décembre 2018 at 5 h 09 min

    Intéressant.

  • Reply
    maurice Bourgue
    19 juin 2019 at 17 h 00 min

    la permaculture crie son évidence pour rétablir l’équilibre perdu de ces 50 dernières années .
    C’est une remontée du temps qui devra se faire à l’échelle individuelle pour embrasser une nouvelle approche du monde .Tels des moines du moyen Age nous aurons pour mission de restaurer la vie du plus petit monde au plus grand , sans notion aucune du temps nécessaire à son accomplissement ….. et retrouver en cela le sens du sacré .
    Sacrée – la vie de la terre
    sacrée – la terre qui donne la vie .

  • Laisser une réponse